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l’école du loup, ou du loupé

Cours · 04

Capter ce qu'on peut

~8 min de lecturerévisé le 2026-10-31
Dans ce chapitre

Nous avons parlé jusque-là de prise de signal direct, d’une guitare électrique dans une interface ou d’un piano branché en direct.

Nous allons maintenant aborder la prise et l’environnement acoustique.

Petit rappel qui ne coûte rien : Dans le cas d’un branchement direct (guitare électrique), le son que nous produisons est directement transformé en signaux électriques qui seront directement injectés dans notre interface son.

Mais lorsque nous utilisons un micro, nous ajoutons une étape de transformation : La vibration de pression déforme ou fait vibrer un élément du micro, qui va ensuite la transformer en signal électrique.

Par ce simple changement, nous rajoutons en réalité beaucoup de maillons à notre signal :

  • La pièce
  • La réponse en fréquence du micro
  • La directivitéD’où le micro capte le son. Un micro cardioïde entend surtout ce qui est devant lui : la guitare en face, beaucoup moins l’ordinateur derrière. du micro

Pour éviter que chaque enregistrement ne devienne un enfer de complexité, il faut bien avoir en tête tous ces éléments, ou au moins les comprendre. Nous allons voir ici le premier, la pièce (le micro, nous y reviendrons) :

La pièce : Votre caisse de résonance §

Lorsque vous enregistrez au micro, vous ne captez jamais seulement votre sujet. Vous captez l’environnement, et même si certains micros se prêtent plus à certaines situations que d’autres, ne vous trompez pas : Vous ne pourrez pas passer outre un contrôle strict de votre environnement.

Ordinateur qui souffle, bruit de l’extérieur, réverbération et résonances de votre pièce.

Je vous laisse gérer les premiers, mais allons discuter du dernier :

La réverbération : §

Il s’agit ici du plus gros problème des musiciens qui débutent. Faisons un point d’acoustique pour bien comprendre : Le son est une vibration de l’air, une alternance de pression et de dépression, plus ou moins rapide (c’est la fréquence), qui se déplace de proche en proche à environ 340 mètres par seconde.

“proche en proche” qui a besoin d’un matériau pour se propager en communiquant son énergie d’un élément à l’autre, pas de bruit dans le vide.

Le son ne s’arrête donc jamais nettement là où on le souhaite, traverse certains matériaux, rebondit sur d’autres, est amorti par encore d’autres… Et le plus dramatique : Le comportement est différent selon les fréquences et les matériaux.

Depuis le point de captation, nos oreilles, nous entendons donc le son “originel” et ses répliques retardées et déformées. Au quotidien nous n’y faisons pas attention, car notre cerveau est câblé pour automatiquement filtrer et faire abstraction de cette réverbération, s’adapter à la “pièce”.

Pour vous en rendre compte, enregistrez un de vos cours en amphithéâtre ou une réunion, et réécoutez-la à froid dans un autre contexte, vous serez surpris de la réverbération perçue sur le moment et après coup.

La réverbération n’est pas qu’un ennemi cependant, elle est même essentielle pour rendre un son vivant : voix, paroles, guitare, etc. Mais elle doit être contrôlée.

Nous ferons un point sur comment contrôler au mieux cette réverbération, mais il faut la réduire au minimum à la prise, quitte à en rajouter après numériquement.

Le constat est un peu différent pour une installation pro où l’on cherche à ne pas avoir une pièce “morte” mais une réverbération diffuse et agréable. Cela dit, ce type de considération vaut pour un niveau d’expérience et de dépense assez avancés. En débutant et avec un budget amateur, il vaut mieux chercher le moins de réverbération possible à la prise.

piece: 4.2 x 3.1
source: 0.9, 0.7
fleuve: 110
fleuve: 440
fleuve: 1100
micro: 2.6, 2.2
absorption: 0.10

Comment la réduire ? §

  • Éviter d’enregistrer dans une pièce vide :

Les rideaux, bibliothèques ou encore objets amortissent le son. Si votre studio d’enregistrement ressemble à une salle d’exemple IKEA, vous partez d’un mauvais point de départ.

  • Les rebonds et donc la réverbération se propagent plus entre deux murs parallèles :

Cassez les angles, décalez votre micro

  • Traitement :

Les mousses acoustiques basiques ont une efficacité relative, mais aident à traiter les hautes fréquences. Pour traiter les médiums, il vous faudra des panneaux acoustiques, un peu plus chers mais fabricables soi-même.

Ne cherchez pas à avoir un son studio parfait, sauf si vous savez à quoi vous vous engagez. Il est très cher et souvent très complexe (travaux) d’obtenir une pièce réellement traitée. Aussi dur que cela puisse paraître, restez pragmatique sur vos besoins réels et identifiez vos problèmes avant d’y répondre.

Astuce : §

Une grande couverture juste derrière vous, en face du micro (c’est ce mur-là que le micro entend), ou carrément enregistrer dans un placard de vêtements. Vous seriez surpris du nombre d’enregistrements ayant été faits comme ça. Ce n’est pas magique mais ça marche réellement.